
BTS boycotte les Grammy Awards : la prise de position radicale qui bouscule l'industrie
Le groupe de K-pop vient de prendre une décision qui fait énormément de bruit dans le monde de la musique...
Les sept membres de BTS ont frappé fort ce mercredi 29 juillet en annonçant publiquement qu'ils ne présenteraient pas leur musique à l'Académie des Grammy Awards pour l'édition 2027.
Cette décision, inédite pour un groupe de cette envergure, s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre l'industrie musicale américaine et les artistes internationaux, accusée de multiplier les stratégies pour maintenir ces derniers à l'écart des récompenses les plus prestigieuses.
Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, le groupe sud-coréen a exprimé sa position avec clarté : ils souhaitent que la musique soit appréciée pour sa valeur artistique, et non compartimentée en fonction de critères géographiques ou linguistiques. Un remerciement adressé à leur communauté de fans, les ARMY, accompagnait cette déclaration.
Une catégorie controversée à l'origine de la rupture
Le déclencheur de cette prise de position remonte au mois de juin, lorsque l'Académie des Grammy a dévoilé cinq nouvelles catégories, parmi lesquelles celle de la « meilleure performance pop asiatique ». Présentée par le directeur général Harvey Mason Jr comme un pas vers davantage d'inclusivité, cette initiative a immédiatement suscité une vive polémique. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ce qu'elles considèrent comme un mécanisme de ségrégation déguisé, visant à empêcher les artistes asiatiques de concourir dans les catégories principales.
Le magazine Teen Vogue a notamment qualifié cette nouvelle catégorie de « forme de ségrégation », soulignant que son introduction coïncidait avec le retour très médiatisé de BTS et la sortie de leur album « Arirang », salué unanimement par la critique. Les observateurs spécialisés estimaient d'ailleurs que le groupe ne pourrait décrocher un Grammy qu'au sein de cette catégorie spécifique, et jamais dans les sections majeures. Un constat qui s'appuie sur un historique éloquent : malgré cinq nominations, BTS n'a jamais été retenu dans les catégories principales. Le titre « Dynamite », qui avait pourtant dominé le classement américain pendant plusieurs semaines, n'avait même pas été sélectionné pour le prix de la chanson de l'année.
Ce schéma ne concerne pas uniquement la K-pop. En 2025, après la victoire de Beyoncé pour l'album de l'année et le meilleur album country avec « Cowboy Carter », l'Académie a scindé la catégorie country en deux sous-catégories distinctes. Un procédé similaire a été appliqué après le triomphe de Bad Bunny, premier artiste hispanophone à remporter le prix de l'album de l'année, avec la création d'une catégorie « meilleure chanson latine ».
Un combat qui dépasse la seule question des Grammy
La décision de BTS s'inscrit dans une longue lignée de contestations. En 2021, The Weeknd avait annoncé qu'il ne soumettrait plus sa musique à l'Académie, dénonçant des pratiques opaques et des comités de sélection « secrets ». La même année, Zayn Malik réclamait publiquement plus de transparence dans le processus de vote. Dès 2018, Jay-Z interpellait l'institution sur son traitement des artistes hip-hop et R&B dans les catégories majeures.
Mais le problème va au-delà des seules cérémonies de récompenses. Les classements musicaux américains ont eux aussi été régulièrement modifiés en réponse au succès de BTS. En 2021, après que le groupe a placé plusieurs titres consécutifs en tête du Hot 100 grâce aux achats massifs de leurs fans, Billboard a revu ses règles de calcul pour accorder davantage de poids au streaming payant et aux diffusions radio, deux domaines où les artistes de K-pop sont structurellement désavantagés aux États-Unis. Interrogé à l'époque par Billboard, qui accusait les ARMY de « manipuler les classements », le leader RM avait rétorqué que si le média contestait la légitimité d'une première place obtenue par les ventes, c'était à lui de changer ses propres règles plutôt que de pointer du doigt un groupe et ses fans.
Comme le soulignait dès 2022 le chercheur Vincenzo Cicchelli, spécialiste des questions culturelles à l'université Paris-Descartes, BTS représente le premier véritable défi lancé à l'hégémonie de la pop occidentale. Une offre musicale d'exception, capable de rivaliser avec les plus grandes stars anglo-saxonnes, qui déstabilise profondément les structures traditionnelles de l'industrie.
Quoi qu'il en soit, cette prise de position ne freine en rien le succès commercial du groupe. L'album « Arirang » continue de trôner dans les classements internationaux et occupe toujours la troisième place du SNEP en France, plusieurs mois après sa sortie. BTS vient par ailleurs de donner deux concerts au Stade de France, confirmant son statut de phénomène mondial. En refusant ce qu'ils perçoivent comme un lot de consolation, les sept artistes sud-coréens envoient un message fort : après treize ans de carrière, ils exigent d'être traités sur un pied d'égalité avec leurs homologues occidentaux.
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À propos de l'auteur
Rédacteur en chef
Diplômé de l'Université de Montréal, Maxime est un passionné de musique et de basketball. Il suit de très près l'actualité pour créer quotidiennement du contenu informatif et divertissant.
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